Fantastique - SF

Published on février 13th, 2014 | by Exterminator

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Baxter de Jérôme Boivin 1988

Avec : 

  • Lise Delamare : Madame Deville
  • Sabrina Leurquin : Noelle
  • Daniel Rialet : Jean
  • François Driancourt : Charles

Origine : France

Durée : 80 Min

Baxter est un splendide Bull Terrier blanc. Ce chien a la particularité de penser et, à travers ses trois maîtres, il va se faire une opinion de la race humaine. Compagnon d’une vieille dame seule, il s’ennuie et la tue (du moins c’est ce que l’on croit car à aucun moment, on ne voit le chien tuer quelqu’un dans le film). Adopté par un jeune couple, il est délaissé à la naissance de leur bébé. Enfin, recueilli par le jeune Charles, il découvrira en lui un maître violent et morbide…(Source : wikipedia).

Pour son premier film, Jérôme Boivin nous propose ici une fable moraliste originale et surprenante inspirée du roman de Ken Greenhall, «Des Tueurs pas comme les Autres» sorti en 1977. Un portrait acerbe et sans concession de l’espèce humaine à travers les yeux et les réflexions d’un chien frustré et méprisant, un Bull Terrier blanc, justement souvent décrit comme un animal plutôt agressif.

Mais qui est le plus dangereux ? Ce chien incompris qui cherche sa place et qui tue par instinct ou pour se défendre ? Ou l’homme qui tue par plaisir ou qui blesse à cause de sa lâcheté, de son inconscience et de son irresponsabilité…

Il suffit de voir comment le petit Charles symbolise à lui seul l’attrait morbide de l’être humain par sa fascination pour la violence gratuite, la guerre, l’ordre et la soumission pour comprendre que Baxter est loin d’être «l’animal» le plus dangereux.

C’est tout l’intérêt de ce film qui navigue habilement entre le cinéma d’auteur et l’oeuvre fantastique sans jamais tomber dans la critique pompeuse ou le grand guignol.

Par la voix captivante de Maxime Leroux, Boivin (avec la complicité de Jacques Audiard co-auteur) nous fait pénétrer dans les pensées à la fois cruelles et désabusées de Baxter décrivant en trois actes initiatiques, un monde particulièrement cynique et laid (au sens propre comme au sens figuré).

Le cinéaste instaure une ambiance sombre et oppressante, résolument pessimiste qui ne ne laisse pas indifférent et met souvent mal à l’aise. Le choix de ce chien particulier voire repoussant est sur ce point, remarquable.

Si le film connut un bide retentissant lors de sa sortie, «Baxter» n’en reste pas moins une oeuvre noire d’une incroyable justesse, à la morale définitivement anarchiste, illustrée par la dernière pensée du chien (N’obéissez Jamais !) totalement à part dans le paysage cinématographique français. Inclassable et indispensable.

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Baxter de Jérôme Boivin 1988 Exterminator

Baxter

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